AD VITAM

N°01

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Sep 14, 2026

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8 min de lecture

Faire atterrir un avion.

Pourquoi l'IA va rendre l'architecte plus nécessaire, pas moins.

Départ de Ta Lai, Région de Dong Nai — 21-06-26 — 80 jours au Vietnam

Photo © Yann BACQUET

À Téhéran, une structure béton attend depuis dix ans que quelqu'un décide ce qu'elle devrait être. Elle n'est pas seule au monde : d'Angoulême à Dubaï, des projets restent en suspens parce qu'aucune étude de faisabilité n'a été menée. Cet article revient sur ce que fait vraiment l'étude de faisabilité — et pourquoi l'intelligence artificielle ne l'a pas remplacée, contrairement à ce qu'on croit.

Un architecte novice reçoit un dossier. Le client a une intention, un terrain, un budget approximatif. Il veut construire. Il attend un plan.VAR · corps (paragraphe)

Le piège du plan qui vient trop tôt

La tentation est forte de commencer par dessiner. C'est ce que le client attend, c'est ce qu'on nous a appris à faire à l'école, c'est ce qui rassure. Sauf que dessiner sans avoir compris, c'est comme essayer de faire atterrir un avion sans avoir regardé la piste.

Ce que dit l'expérience

Sur soixante-dix études de faisabilité menées, notamment au Vietnam, je constate à chaque fois la même chose : l'écart entre ce que le client croit vouloir et ce que le lieu peut vraiment accueillir.

La maturité de l'architecte se mesure au moment où il accepte de reporter la formalisation. Plus il attend, mieux il conçoit.

Cela ne veut pas dire ne rien faire. Cela veut dire faire autre chose : lire.

📷 VAR · image inline dans le corps

Croquis de faisabilité, projet vietnamien 2018.

Ce que l'IA ne remplace pas

Depuis deux ans, on me dit que l'IA va rendre les architectes obsolètes. C'est le contraire qui se produit : plus les outils génératifs progressent, plus la question centrale — celle du programme, de l'usage, du lieu — devient importante.

  • L'IA génère mille variations plastiques en une heure.VAR · corps (liste)

  • Elle ne pose pas la question du programme.

  • Elle ne lit pas le lieu.

  • Elle ne mesure pas la maturité du client.

Là où l'IA accélère la production d'images, l'architecte reste le seul à pouvoir dire : « il est trop tôt pour dessiner ». Et cette phrase, en 2026, vaut plus cher qu'elle ne l'a jamais valu.

L'AUTEUR

L'AUTEUR

Yann Bacquet

Yann Bacquet

Architecte DPLG, fondateur d'AD VITAM à Ruffec (Charente).

Trente années de pratique, seize années au Vietnam, près de soixante-dix études de faisabilité. Écrit sur la transformation du bâti existant, la conception architecturale et les nouvelles manières d'habiter.

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